Ma chrysalide se brise. L'abcès m'attire, m'engouffre en dehors. Ce cocon portait ton nom, me berçait, me faisait vivre. Tes effluves me brûlaient la peau, cisaillaient mes pores, inscrivaient ta signature. A ton ancre je survivais aux creux de mes souvenirs, dans ton ombre, ton absence. Je m'échappais de moi-même. J'étais presque morte. Je vivais à travers toi, n'existais que part tes yeux. Je n'étais pas ta petite amie, mais la petite amie de monsieur. Je n'étais pas ta femme, juste ta courtisane. Je n'avais pas de nom, je me nommais que part tes cris, ta souffrance & ton agonie. Je ne pensais plus. Tu le faisais à ma place. Car sous ton autorité j'étais moindre, une fine poussière parmis un amas de muscles. Je me réglais sur ta fréquence, toujours sur la même longueur d'onde. Quand je pensais et tu déchiffrais de part mes traits -comme s'il y était écris en caractère gras sur mon front- tu avais tord, mais je le fredonnais tout bas au point qu'on y crue à un étouffement. Tu devais avoir raison. Mais entre ce que je veux te faire comprendre et ce que tu comprends, ce que je comprend et ce que t'arrives à comprendre. Il y a toujours ce fossé, cette différence identique à chaque songes, à chaque décryptage. T'es mon reflet, mon opposé. Je me confond dans tes traits pour m'accrocher, pour me faire vivre. Je n'existe pas, tu m'as conçus. Et sans le vouloir, d'un brouillard morose tu en as fait une fée. Ta fée. Moi même.

